L'enfer des toc
Chaque matin, lorsqu'il se réveille, Patrick, 42 ans, avocat d'affaires bordelais, redoute le moment où il va devoir allumer la lumière. A l'instant précis où il appuie sur l'interrupteur, il faut qu'il ait une pensée positive. Sinon, il en est certain, sa journée se passera mal. Alors, il recommence et il recommence encore, autant de fois qu'il le faut. Ensuite, une autre épreuve l'attend : s'habiller. Prisonnier d'un rituel infernal, Patrick doit enfiler ses vêtements dans un ordre bien précis. Si, par malheur, une pensée négative lui traverse l'esprit à ce moment-là, il faut qu'il prononce une série de nombres pairs cinq fois de suite ou qu'il fixe immédiatement le chiffre 23 tracé sur la cloison de sa penderie. Il lui reste alors encore à remplir le sac de vêtements qu'il va apporter avec lui. A chaque rendez-vous de la journée correspond une tenue dont le savant agencement est censé conjurer le mauvais sort. Lire la suite l'article
Comme 1,2 million de Français, Patrick souffre d'un TOC. Un trouble obsessionnel compulsif. Une angoisse obsédante que le malade tente d'apaiser en s'inventant des rituels qui vont lui empoisonner la vie, parfois jusqu'à la détruire. " La plupart des gens dits normaux ont de petites manies, comme vérifier plusieurs fois avant de sortir de chez eux que la fenêtre ou la porte est bien fermée. Cela devient un TOC quand vous vérifiez quarante fois la porte et que la hantise de l'avoir mal verrouillée vous hante au point de ne plus vouloir sortir de chez vous", explique le docteur Jean Cottraux (1). La soixantaine tout en rondeurs, ce psychiatre lyonnais, aujourd'hui à la retraite, a ouvert en France la première consultation hospitalière pour les troubles obsessionnels compulsifs. Les "TOCqués" ne sont pas fous, mais leur TOC leur fait mener une vie infernale. Au point de virer dépressifs dans 50 à 80 % des cas. "Ils sont persuadés que le hasard n'existe pas et que par leurs pensées ou leurs gestes ils peuvent éviter des catastrophes. Ce désir de tout...... lire la suite de l'article sur Lepoint.fr








