Dans son rapport annuel, le Haut conseil de l'Education (HCE) dresse un sombre tableau de l'orientation scolaire. "A l'issue du collège, l'orientation fonctionne comme un couperet pour de nombreux élèves : ils sont quatre sur dix environ à considérer que leur orientation a été plus subie que voulue", constate le Haut Conseil. L'orientation consiste en effet "à trier les élèves en fonction de leurs seuls résultats scolaires dans les savoirs abstraits" et elle "tend à procéder par exclusions successives vers des voies ou des filières moins considérées", selon le rapport.
Le problème est plus vif encore pour les lycées professionnels : l'élève peut y être affecté "dans une spécialité qui ne l'intéresse pas ou qui ne correspond pas à ses aptitudes", ce qui est "une différence importante avec le lycée général et technologique" et peut "renforcer le sentiment d'injustice". De surcroît, une mauvaise orientation est "difficile à rattraper", car les passerelles de réorientation manquent. Enfin, l'orientation reste "éloignée des réalités de la vie professionnelle et des besoins économiques de la Nation".
Pour tenter de remédier au système actuel, le HCE fait quatre propositions.
Il préconise d'abord la prise en charge des missions d'accueil et d'information par les régions. Aujourd'hui, ces missions sont dévolues à un trop grand nombre de structures, regrette le Haut conseil. Ensuite, le HCE préconise une redéfinition de la fonction de conseil en orientation "aujourd'hui mal exercée". Ainsi, il propose d'arrêter de recruter des conseillers d'orientation-psychologues. A la place, et c'est sa troisième proposition, il prône d'avantage d'intervention des professeurs : la fonction d'orientation serait exercée par des enseignants (à temps partiel) et "des spécialistes déjà reconnus de l'insertion professionnelle, de l'emploi, de la formation continue, ainsi que des représentants des milieux professionnels". Enfin, le HCE est favorable à un renforcement de l'éducation à l'orientation.
Je suis enseignante également -depuis 22 ans- L'an dernier j'ai été agressée verbalement par l'un de mes élèves qui m'a insultée et s'est ensuite précipité vers moi qui me trouvait derrière mon bureau. Heureusement il n'avait aucune arme, mais ses yeux exprimaient de la haine et j'ai vraiment pensé qu'il allait m'agresser physiquement. J'ai pu le calmer en ne disant plus rien. j'ai ensuite porté plainte. Tous ses "camarades" ont témoigné en sa faveur. Mon Proviseur m'a fait comprendre que cet élève avait de très bons résultats (en fait, il avait été renvoyé de deux précédents lycées pour notes insuffisantes et comportement inacceptable!); que "des élèves comme ceux là, il en demandait" ! Il n'y a jamais eu aucune suite à ma plainte ! Par contre, on m'a bien fait comprendre que c'est moi qui n'allait pas bien...
Tant que cette "loi du silence" prédominera nous laisserons le champ libre à ce genre de "débordements de violence" qui pourraient devenir malheureusement de plus en plus fréquents à l'avenir. Il est exact que les "professeurs-victimes" sont tout à fait isolés à l'Education Nationale.(on les isole un peu comme des pestiférés qui pourraient contaminer les autres !). D'ailleurs, au procès de Karen Montet-Toutain, il semblait qu'aucun représentant de l'Education Nationale n'ait pris la défense du professeur, ce qui est un comble !