Assassinat d'une grand-mère: la jeunesse perturbée du couple de meurtriers présumésLa cour d'assises de Seine-et-Marne s'est penchée mardi sur la jeunesse perturbée d'un jeune homme et d'une jeune femme de 21 ans, accusés d'avoir assassiné la grand-mère de celle-ci, le 28 janvier 2006 à Brou-sur-Chantereine, pour bénéficier d'une partie de son héritage. Julien Saint-Antonin et Michèle Chassériau, dite "Abilène", sont jugés de mardi à jeudi par la cour d'assises pour assassinat et complicité. Ils encourent la perpétuité. Le 28 janvier, avec l'accord de sa petite amie Abilène qu'il avait rencontrée au centre défense 2e chance de Montry (Seine-et-Marne), Julien Saint-Antonin avait étouffé, selon l'accusation, Jeannine Boulle, 67 ans, en lui faisant une clé à la gorge, pour que la jeune femme, qui se disait enceinte, puisse hériter de la grand mère. Celle-ci "l'adorait" et avait souscrit une assurance-vie à son nom. La carte bancaire de la victime, des chéquiers et des espèces avaient été dérobés par les deux jeunes gens. Julien a reconnu les faits lors de sa garde à vue et à l'instruction, Michèle reconnaissant pour sa part avoir projeté l'assassinat avec son compagnon. La cour a tenté mardi de cerner l'histoire familiale et scolaire des deux jeunes gens, qui jusqu'au jour du meurtre n'avaient jamais été condamnés par un tribunal. Julien , grand, le visage encore adolescent, le verbe clair, a expliqué son parcours chaotique, du jour où il avait appris, à dix ans, que l'homme qui l'avait élevé n'était pas son vrai père. Celui-ci, légionnaire, avait abandonné sa mère trois semaines avant sa naissance. Absentéisme scolaire, placement douloureux dans un foyer, échec à un CAP de pâtissier, succession de petits boulots sans lendemain: le jeune homme avait finalement atterri au centre défense 2e chance de Montry, où il avait semblé enfin s'épanouir, professeurs et encadrants du centre ne tarissant pas d'éloges à son propos. L'évocation des différents témoignages a esquissé la figure d'un garçon intelligent, qui "savait lire et écrire avant le CP" selon sa mère, mais pouvait se montrer violent, rebelle à l'autorité, immature. Michèle , le visage fermé, timide, a évoqué avec difficulté son adolescence, marquée par l'échec scolaire et des relations conflictuelles avec ses parents, qui l'avaient amenée à trouver refuge auprès de sa grand-mère, qui lui donnait tout. "Je l'aimais, mais elle m'aimait trop. Elle m'étouffait. Elle voulait que je sois comme elle voulait, mais moi je ne voulais pas", a-t-elle dit. Plusieurs témoignages l'ont décrite comme à la fois peu sûre d'elle et menteuse, voire manipulatrice. La jeune femme aurait notamment affirmé à Antonin être enceinte alors qu'elle ne l'était pas, pour convaincre le jeune homme, tombé fou amoureux d'elle, de quitter le centre avec elle. |

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